En santé.

Hey ! en passant, vous l’avez trouvé comment vous autres le Bye Bye ?

Parce que c’est important de se poser la question pendant dix jours.

Moi j’ai adoré le Bye Bye. Je suis fan du Bye Bye.

(long silence)

Je vous souhaite une bonne année 2012.

La santé, certainement.

Et aussi parce qu’il n’y a plus rien d’autre qui est sérieusement souhaitable.

Succès dans vos études ?

Un REER avant la fin de vos jours ?

Une révolution tranquille pour mieux vous faire gérer par la bourse et Vidéotron au bout de cinquante ans ?

Un pays ? Avec qui ?

La solidarité ? Oh ! que j’aimerais ça !

Je ne vous souhaiterai rien de tranquille en tout cas, parce que même si ça semble beau et paradisiaque, les choses tranquilles me font plus peur que ce qui au moins, s’énerve et brusque les choses du quotidien.

(Je ne vous souhaiterai pas un rĂ´le dans la reconstitution de la bataille de 1812.)

La santé alors.

Et un peu plus de poésie

Et un peu plus de déséquilibre.

Et un peu plus d’imprévus.

De spontané.

De visites à l’improviste

De « hey salut comment ça va ? » « Bof, pas super. » (C’est rare ça non ?)

De détours.

D’indignations, grandes et petites.

Et un peu plus de ceci :

« Sache que pour moi, il suffit que tu racontes ceci pour que le contraire soit moins vrai. Continue, n’aie pas peur que je manque de foi. Il n’y a que ce que tu inventes, que ce que tu crées. Le reste, ils sont des milliards à se l’arracher, à le violer tout à tour. Comprends-tu ce que je veux dire ? Ici, chaque chose a été utilisée plusieurs fois et toute la place est occupée. Ici, rien ne nous attendait : nous avons dû nous accueillir nous-mêmes. Ici, nous devons nous rendre immobiles et invisibles par égard pour les autres et finirons par devenir immobiles et invisibles par rapport à nous-mêmes. Pour ne pas manger ce qui a été empoisonné, il faut créer à mesure ce qu’on mange. L’air, l’eau, ce qu’on appelle le réel, le vrai, sont viciés, sont pleins de fumées d’automobiles et de cigarettes, de jus de baignoires et de chaises percées. Il reste le faux : regarder un chou et s’imaginer que lorsqu’il sera mûr chacune de ses feuilles s’arrachera toute seule et se mettra à voler, à chanter, à être un chardonneret. »

Réjean Ducharme, L’océantume.

Bonne année 2012.

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Je ne dirai pas changement

La dernière édition de la revue Liberté (numéro 293) a pour titre l’abdication.

J’ai eu l’impression que ça arrivait chez moi à point nommé. En effet, je suis à repenser mon travail sur Inès Pérée Inat Tendu (Théâtre d’Aujourd’hui, février 2012) et je viens de signer une mise en scène de La famille se crée en copulant, de Jacob Wren (UQAM, novembre 2011), œuvres dont le thème principal recoupe à divers degrés celui de l’abdication.

Or, ce fut un plaisir pour moi de m’instruire de l’opinion parfois tranchante des essayistes qui signent la revue. Ils répondent tous plus ou moins aux propos de la conférence qu’a donnée Monsieur Gilles Gagné le 17 mars 2011 à l’Université d’Ottawa, à l’invitation des étudiants de 2e et 3e cycles associés au Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM).

Celui-ci remet les pendules à l’heure sur le legs des générations depuis la Révolution tranquille, et rétablit quelques croyances sur ces dites générations et leur incapacité à s’entendre entre elles. Le titre : La question des générations, qui a pris, laissé ou transmis quoi à qui, comment et pourquoi ?

Ça fesse non ?

Y a de ces sujets que l’on croit figés ou acquis parfois, même si en ce moment, le concept des générations et de passage revient de plus en plus dans les discussions.

Je vous parlais prĂ©cĂ©demment du congrès du Conseil quĂ©bĂ©cois du Théâtre (CQT) dĂ©but novembre… Cette question Ă©tait constamment au cĹ“ur des dĂ©bats, et les cĹ“urs sont sensibles.

Pourquoi, par exemple, une direction artistique peut-elle ĂŞtre vingt ans Ă  la tĂŞte d’un théâtre ? Quelle place laissons-nous Ă  la nouvelle garde au niveau  dĂ©cisionnel dans les théâtres, mais aussi dans les institutions gouvernementales par exemple ? Et politiquement ? Pas besoin d’un cours classique (oui oui j’utilise cette expression d’un autre temps) pour voir que les partis laissent peu de place aux jeunes…

Bref, la question brûle.

Et le triste et froid constat qui revient souvent est que nous nous retrouvons devant pas grand-chose. Que les baby-boomers ont profité d’une révolution sans penser à l’après-party. Que les rêves de Liberté 55 deviennent des cauchemars et que ceux qui viennent vont devoir payer cher leur avenir. Rien de reluisant, mais rien de nouveau non plus. De plus, en attendant, personne ne laisse de place à personne et la jeunesse éternelle fait que je consomme culturellement plus ou moins la même chose que mes parents et que les traditions se perdent.

Bon.

On fait quoi ?

Je fais quoi moi maintenant ? Je m’enfonce là-dedans et je participe au mouvement à la mode du cynisme ?

Quel est notre rôle dans tout ce fatras ? Comme diffuseur de théâtre entre autres ?

Je ne sais pas, mais si on se donnait la vraie possibilitĂ© de re-commencer. Quelqu’un (Paul Lefebvre pour ne pas le nommer) m’a dit : le PĂ©riscope doit se re-rĂŞver. Ça a allumĂ© de quoi en moi et en ma comparse Amandine et je pense que l’équipe est sur cet erre d’aller et j’élargirais en disant que dans plusieurs sphères de la sociĂ©tĂ©, on devrait juste se RE-donner le droit et mĂŞme le devoir du RE. RE-construire. RE-faire. RE-dire. RE-nommer. RE-rĂŞver. RE-prendre. RE-dĂ©marrer. RE-penser.

Au milieu de tout ce bordel politique qui nous irrite, à la tête d’un lieu de création, au milieu de ma vie, au bord du gouffre, devant plus grand-chose à perdre sinon la face, je trouve que ça a bien du sens. Et ça me donne de l’élan. Il faut profiter des acquis, y en a quand même, mais il faut là-dessus, ne jamais s’arrêter et croire que les choses sont de même parce que. Le mot impossible est impossible, et si on ne se permet pas de re-imaginer ce qui nous entoure, on meurt.  Mais pour cela: RE, il faut que ceux qui gardent le fort soient prêts à tout et que ceux qui débarquent n’oublient pas d’où ils viennent.  On est 7 milliards, faut se parler.

Avez-vous remarqué que je n’ai pas dit changement ?

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Faire ça

J’arrive du Congrès du CQT, le Conseil Québécois du théâtre. Je n’y avais pas mis les pieds depuis les États généraux du théâtre en 2007. Mes attentes étaient peut-être alors trop élevées, mais je n’avais pas eu l’impression que le milieu s’était mobilisé autour d’un vrai projet fédérateur pour l’avenir. C’est bien beau de se réunir, mais le trop plein de volontés a alors freiné la possibilité que quelque chose se passe de nouveau, que les principaux enjeux s’éclairent.

Et les résultats aujourd’hui sont difficiles à cerner.

J’ai eu l’impression que la session de travail de cette édition-ci était ancrée dans cette confusion. Je me suis heureusement trompé.

Cela dit, la première journée a été un peu longue et trouver le coeur du sujet a été laborieux. Je vous évite les détails.

Le coeur de la question est de savoir si, comme milieu, nous reconnaissons le bien-fondé et l’importance de l’institution théâtrale dans notre société. Et que, de la sorte, celles-ci puissent obtenir un statut et les moyens pour jouer pleinement leur rôle.

On ne peut pas dire non à cela (certains trouveront le moyen de dire non, mais je n’ai pas de temps à perdre avec les radios-poubelle et leurs arguments démagogues). Le théâtre québécois a au plus 75 ans, en a pris trente ans pour s’organiser et les institutions sont la preuve concrète d’une présence saine et développée dans la cité. Les institutions ont une place importante (à Québec seulement, pensez au Trident, La Bordée, Le Carrefour international de théâtre).

Mais qu’est-ce qu’une institution? C’est cela que nous avions à préciser et ce n’est pas une mince tâche.

J’aime bien que nous l’imaginions comme un centre fédérateur pour son milieu, innovant, rassembleur. J’aime bien qu’elle puisse donner des moyens (du temps par exemple) à ses créateurs. Elle ne fait pas toujours cela encore mais il faut rêver.

Et la rĂ©alitĂ© nous rattrape…

Où je deviens sceptique, c’est quand on précise dans la définition-cadre que les institutions sont reconnues autant par le milieu que la société et l’état.

Laissez moi douter sur la reconnaissance de la société et de l’État.

Je ne suis pas certain que la société québécoise tient tant à son théâtre et ses institutions. Je ne suis pas certain que l’État tient à son théâtre. Il le fait parce qu’il n’a pas le choix, ça fait chic d’aller à une première à Avignon et dire que le théâtre est important, mais le défend-il vraiment? Pose-t-il les gestes adéquats? Laissez moi en douter. Pourquoi, par exemple, l’État prend en charge l’entretien de ses bibliothèques, de ses musées, et pas de ses théâtres (les lieux)? C’est un exemple concret mais qui à mon sens en dit long sur l’étendue de la reconnaissance et ça me révolte.

Si un théâtre ferme demain, peu pleureront. Surtout pas Monsieur Moore.

C’est à nous à prendre la place qu’on ne nous donne pas. C’est à nous de combattre l’impossible (mot qui revenait parfois sur les lèvres des intervenants du milieu et que je ne peux pas entendre). C’est à nous de réinventer les modèles. D’imposer les modèles.

Je prĂŞche encore pour les convertis. Et il faut changer cela. Il faut.

À cet égard, je vous invite à participer aussi. Amener donc quelqu’un qui n’est jamais venu ici la prochaine fois. Faites lui un cadeau. Dites lui pourquoi vous venez. Pourquoi vous prenez le temps du théâtre.

Pensez-vous qu’on peut faire ça?

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Au travail!

Au travail!

La situation mondiale est en mouvement. L’inquiétude nous guette.  Les bourses peuvent s’effondrer.  Le printemps arabe se poursuit, tout le monde essaie d’en tirer un peu de gloire.  Notre gouvernement coupe, que dis-je, détruit le registre des armes à feu, contrôle notre liberté d’expression et notre démocratie comme au temps des barbares (et ce n’est pas poli pour les barbares).  Au Québec, on se fait rabouter une commission d’enquête sur mesure et on attend le nouveau Messie.  Et n’importe quel nouveau fera l’affaire, en autant qu’il soit nouveau.  La débandade mes amis.

Mais il y a des choses heureuses et je m’entête à être optimiste.

Par exemple, il y a quelques semaines, nous avons fêté l’ouverture d’un nouveau théâtre à Montréal: Les Écuries.  Après cinq ans de dur labeur, nos amis artistes de la «relève avancée» ont fini par y arriver et c’est avec beaucoup de fierté qu’ils nous ont ouvert les portes de leurs installations encore en chantier.  On soulignait alors toute la joie de s’enraciner dans un quartier, d’ouvrir au milieu de la cité un lieu d’échange et de liberté.  Un lieu d’accidents poétiques.  Et ça m’a donné des ailes.  Ce n’est pas rien quand à bout de bras, on décide d’aller à contre-courant du rythme et du cynisme ambiant en disant: venez ici, on va se parler.  On va travailler ensemble.  On va refaire ce qu’on peut refaire du monde. Ce n’est pas rien.

Je ne pense pas que le théâtre puisse changer le monde mais il peut nous rĂ©unir, nous faire nous recueillir, nous gifler, nous dĂ©router, et ce, sans trop d’artifices.  Quel geste!  Quel pied de nez!  Quelle fĂŞte!  Il n’y a pas meilleure rĂ©sistance que d’écrire, lire, dire des histoires, de toutes les manières possibles…  et c’est ce qui, aujourd’hui, me transporte le plus.  Au travail!

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Aurevoir et merci

Cher complice, cher public,

C’est avec le coeur plein de beaux et bons souvenirs, que je quitte mes fonctions de directrice artistique et co-directrice générale du Théâtre Périscope. Inspirée par la mission de ce lieu et la grande valeur  des gens que j’ai côtoyés, j’ai le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même . J’y ai passé plusieurs années, d’abord comme bénévole, à titre de présidente du conseil d’administration de 1996 à 1999 au moment des grandes rénovations et comme première directrice artistique depuis 2003.

J’ai toujours Ă©tĂ© animĂ© d’un grand amour pour ce lieu ouvert sur la communautĂ© et pour tous ses gens, public, artistes, artisans, travailleurs culturels, qui font vivre et vibrer ce théâtre. Au terme de mes huit annĂ©es d’engagement envers ce diffuseur, je ne peux que dire un grand merci Ă  toute l’Ă©quipe et Ă  vous tous.

Je souhaite bon vent au Théâtre Périscope et à tous ceux qui font de ce théâtre un lieu ouvert, dynamique, chaleureux et à dimension humaine. Je reste toute entière dévouée à la mission rassembleuse de ce théâtre. Vous me manquerez sûrement, mais vous continuerez aussi de m’inspirer dans tous mes nouveaux projets. En espérant vous croiser à nouveau sur les planches, dans les coulisses ou dans les environs des théâtres de Québec.

Avec toute mon amitié,

Marie-Ginette Guay.

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Du lancement Ă  l’activitĂ© bĂ©nĂ©fice

Le 11 avril dernier on lançait la saison 11-12 en compagnie des artistes qui seront avec nous l’annĂ©e prochaine et d’un public très impatient de connaĂ®tre toutes les propositions qui s’offriraient Ă  eux. C’est une grande joie pour moi d’ĂŞtre Ă  ce prĂ©cieux rendez-vous annuel. C’est toujours excitant de dĂ©voiler les pièces qui ont retenu notre attention. Les projets qui nous ont sĂ©duit pour toutes sorte de raisons: le propos, la manière de dire, les artistes, la poĂ©sie, la nouveautĂ©, l’air du temps, les prĂ©occupations qui traversent notre quotidien… En espĂ©rant que nos choix, nos intuitions, nos Ă©lans  parviennent jusqu’Ă  vous et vous emportent tout autant que nous. Et la rĂ©ponse est enthousiaste, jusqu’Ă  maintenant la majoritĂ© des abonnĂ©s choisisse les 6 pièces de la saison. Toute l’Ă©quipe, toutes les compagnies qui font la saison prochaine sont très heureuses de votre rĂ©ponse et ont très hâte de vous rencontrer.

Parce que le PĂ©riscope n’a de cesse de penser Ă  vous et de vivre avec vous les meilleurs moments, nous sommes Ă  pied d’oeuvre pour faire de notre prochaine activitĂ© bĂ©nĂ©fice, un succès. L’appui qui est sollicitĂ© auprès des gens d’affaire et du public nous permet  de poursuivre notre mission, de rayonner davantage et surtout d’ĂŞtre le plus accessible possible pour le plus grand nombre. J’en profite pour vous inviter Ă  ĂŞtre des nĂ´tres le mercredi 15 juin prochain pour notre SoirĂ©e de crĂ©ation spontanĂ©e placĂ©e sous la prĂ©sidence d’honneur de Me Marie Cossette, avocate associĂ©e au Cabinet Lavery. Cette annĂ©e nos valeureux comĂ©diens d’un soir, ceux qui s’offrent tout entier aux alĂ©as de l’improvisation sont Lynda Beaulieu (agente de Robert Lepage et Pedro Pires, et productrice),  Marc Boutet (De Marque), Michel Blackburn (Bell), Ginette Guay Defoy (YWCA), Bernard Gilbert (PĂ´les magnĂ©tiques) et Agnès Maltais (dĂ©putĂ©e de Taschereau). Ils seront encadrĂ©s par deux merveilleux entraĂ®neurs, Sophie Thibeault et Vincent Champoux pour qui, l’improvisation n’a plus de secret. Pour nous accompagner tout au long de cette soirĂ©e, forte en Ă©motions et en rires de toutes sortes, nulle autre que Jonathan Gagnon, transformĂ© pour l’occasion en un irrĂ©sistible maĂ®tre de cĂ©rĂ©monie. Et qui dit SoirĂ©e de crĂ©ation spontanĂ©e, dit cabaret et qui dit cabaret, dit musique et qui dit musique dit FrĂ©dĂ©ric Lebrasseur et Martien BĂ©langer qui seront sur scène avec tout ce beau monde rĂ©uni pour s’amuser, soutenir le théâtre de crĂ©ation et contribuer au plus grand rayonnement du PĂ©riscope. C’est une invitation pour le 15 juin prochain, au plaisir de vous y croiser et de partager ce moment de fĂŞte avec vous.

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Changing room, une pièce caméléon

Changing room nous fait entrer dans l’univers des Drags Queen. Tout le théâtre est transformĂ© pour laisser place Ă  cet univers. Le public est d’abord invitĂ© Ă  passer par les loges pour ensuite se retrouver en plein cabaret avec bar, musique et atmosphère de circonstance. Nous voyons valser devant nous des personnages Ă  l’identitĂ© ambigĂĽe. Hommes jouant les femmes, femmes jouant les hommes jouant des femmes, comĂ©diens jouant les drags, spectateurs invitĂ©s Ă  jouer avec les comĂ©diens, tout ce beau monde s’amusant sur la ligne du vrai et du faux.

Alexandre Fecteau et son Ă©quipe, Dory, DĂ©lice, la Goglu, Praline, Jewell, nous dessinent les contours d’une identitĂ© parfois floue mais toujours forte. Et le dimanche 17 avril après la reprĂ©sentation, nous avons eu le plaisir d’Ă©changer sur le sujet avec Michel Dorais, professeur et chercheur Ă  l’École de service social de l’UniversitĂ© Laval, auteur de plusieurs ouvrages dont Éloge de la diversitĂ© sexuelle, KĂ©vin Lavoie, intervenant au G.R.I.S. (organisme communautaire d’Ă©ducation et de sensibilisation qui a pour mission de promouvoir une vision positive de l’homosexualitĂ© et de la bisexualitĂ©) et ALexandre Fecteau, auteur et metteur en scène de la pièce.

KĂ©vin Lavoie nous a prĂ©sentĂ© le G.R.I.S., nous a dĂ©crit la façon dont il travaille Ă  dĂ©faire les prĂ©jugĂ©s, Ă  briser l’isolement de certaines personnes, Ă  offrir de l’entraide, de l’Ă©coute.

Alexandre Fecteau nous a entretenu de son intĂ©rĂŞt pour le théâtre documentaire et pour le monde des Drags queens en particulier Ă  cause de la théâtralitĂ© du sujet et des tĂ©moignages assez poignants qu’ils peuvent nous livrer.  «Je voulais aussi parler d’un mĂ©tier.» dit Alexandre Fecteau. C’est des accros Ă  l’adrĂ©naline, ils aiment travailler avec l’imprĂ©vu. C’est enivrant, c’est profiter du moment prĂ©sent. Ils aiment cette vie de scène malgrĂ© les impacts parfois nĂ©gatifs sur leur vie amoureuse ou leur finance.

Le jeu sur le masculin et le fĂ©minin nous fascine.  «Ça nous rappelle que nos identitĂ©s c’est comme des pelures d’oignons et que c’est une convention. Nous avons tous les genres en dedans de nous. » nous dit M.Dorais. La non conformitĂ© de genre provoque beaucoup de commentaires et de prĂ©jugĂ©s. L’Ă©tiquette gai est accollĂ©e Ă  des jeunes qui ont du fĂ©minin en eux, le fĂ©minin est souvent considĂ©rĂ© comme un moins. Nos stĂ©rĂ©otypes sont forts, ils s’Ă©moussent avec ce spectacle.

Avec le cĂ´tĂ© ludique de la reprĂ©sentation, le caractère intime des projections sur les Ă©crans et un quatrième mur complètement aboli, le public peut se dire: « Et si c’Ă©tait moi.», et se rapprocher d’une rĂ©alitĂ© qui lui Ă©tait peut-ĂŞtre complètement inconnue. Il y a l’essence des gens dans ce spectacle nous dit une spectatrice.

Ă€ vous de voir. Vous avez jusqu’Ă  dimanche le 1er mai.

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Partage et rĂ©sistance, la rencontre de l’autre

Lundi 21 mars, journĂ©e mondiale de lutte contre la discrimination raciale. Lundi soir, dans le Foyer du théâtre, BenoĂ®t Songa (fondateur et directeur gĂ©nĂ©ral du Centre R.I.R.E 2000), Cecilia Valdebenito (anthropologue) et Kevin McCoy (auteur, metteur en scène et interprète de la pièce Ailleurs) Ă©taient mes invitĂ©s pour une causerie traitant de l’immigration. Discussion passionnante, rĂ©unissant les expĂ©riences de chacun venu s’installer au QuĂ©bec Ă  diffĂ©rentes moments ( des annĂ©es 70 au milieu des annĂ©es 90) et exerçant des mĂ©tiers diffĂ©rents (de l’ingĂ©nierie au théâtre en passant par les sciences humaines).

Rapidement un consensus se forme autour de l’importance des valeurs communes. Elles sont identifiĂ©es rapidement, le français, l’Ă©galitĂ© homme-femme et la laĂŻcitĂ©.  Comme nous l’avons vu dans la pièce Ailleurs, il y a plusieurs obstacles Ă  surmonter        pour s’intĂ©grer Ă  la nouvelle sociĂ©tĂ©. Ă€ l’apprentissage de la langue, la recherche d’une place sur le marchĂ© du travail, aux exigences administratives d’immigration, s’ajoutent une ribambelle de petits chocs culturels vĂ©cus au fil des gestes quotidiens. Comme l’exprime Kevin Mc Coy, l’assemblage de tous ces obstacles invite le nouvel arrivant Ă  se dĂ©passer et propose Ă  la sociĂ©tĂ© d’accueil une ouverture nouvelle Ă  l’autre, un enrichissement certain. Nous nous attardons aux facteurs qui facilitent l’intĂ©gration, bien sĂ»r la langue, le travail mais aussi le projet de sociĂ©tĂ© du QuĂ©bec souligne Madame Valdebenito en rappelant qu’Ă  son arrivĂ©e en 1973, il y avait tout un bouillonnement dans la sociĂ©tĂ© qui donnait le goĂ»t de bâtir ensemble un monde nouveau. Ce sentiment collectif semble s’ĂŞtre mutĂ© au fil des ans en un individualisme soutenu qui isole Ă  la fois les nouveaux arrivants et les citoyens qui les accueillent (phĂ©nomène qui ne se retrouve pas seulement au QuĂ©bec mais qui traverse le monde) . Pour Monsieur Songa, tout se rĂ©sume en un mot, tĂ©nacitĂ©, l »immigrant doit se voir lui-mĂŞme comme un facteur de changement et ne jamais baisser les bras devant les difficultĂ©s et les injustices qu’il peut rencontrer.

La conversation s’est poursuivie avec l’assemblĂ©e, plusieurs ont tĂ©moignĂ© de leurs propres parcours d’immigration et les Ă©changes auraient pu se poursuivre encore longtemps. Cette rencontre  a Ă©tĂ© très riche et nous invite Ă  poursuivre le dialogue. Vous pouvez le faire en venant voir le spectacle de Kevin McCoy Ă  l’affiche jusqu’au 2 avril, en venant voir l’exposition dans le Foyer du théâtre (c’est gratutit) oĂą vous retrouverez les tĂ©moignages d’immigrants de toutes provenances ou  en m’envoyant vos commentaires.

Au plaisir de vous lire,

Marie-Ginette Guay.

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Ailleurs

Le PĂ©riscope est envahi par Kevin McCoy et son Ă©quipe, et c’est tant mieux. Depuis bientĂ´t 6 ans, Kevin travaille Ă  ce spectacle. Il a rencontrĂ© des dizaines d’immigrants qui se sont installĂ©s Ă  QuĂ©bec, lui-mĂŞme a choisi QuĂ©bec depuis quelques annĂ©es, et il nous raconte ces diffĂ©rentes aventures d’immigration. Chaque histoire est unique, chaque histoire reprĂ©sente un parcours original et nous ouvre la porte sur des univers insoupçonnĂ©s. C’est Ă  ces dĂ©couvertes multiples que nous convie le Théâtre humain. Il nous invite Ă  ĂŞtre attentif Ă  l’autre et c’est ce qui m’a touchĂ©e dans ce spectacle, il le fait avec une immense dĂ©licatesse  et son humour  sur les dĂ©dales parfois absurdes de l’administration est irrĂ©sistible. Ailleurs, un solo aux multiples visages qui nous donne rendez-vous avec le monde!

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Les trois exils de Christian E.

Les trois exils de Christian E., c’est la rencontre avec un personnage et avec son clan. C’est une histoire tissĂ©e serrĂ©e, une histoire de famille, une histoire de coeur. C’est aussi le fruit d’une Ă©troite complicitĂ© entre Philippe Soldevila et Christian Essiambre. Deux artistes qui retracent le chemin de l’enfance, d’un certain paradis perdu. Peut-ĂŞtre un chemin qui ressemble aux chemins de plusieurs d’entre nous. Qu’en dites-vous?

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