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Le théâtre
Historique

Le Périscope au fil du temps

 

 

Né d’un besoin vital et d’une concertation des forces vives du milieu théâtral de Québec, le Théâtre Périscope ouvre ses portes en 1985 sous le nom d’Implanthéâtre. Il prend place dans un important lieu de culte de Québec, la synagogue Beth Israël Ohev Sholom. La corporation est alors constituée de quatre compagnies fondatrices : le Théâtre de la Commune, le Théâtre Repère, le Théâtre du Vieux-Québec et le Théâtre du Gros Mécano. Le 24 mars 1985, une soirée de variété marque l’inauguration de l’Implanthéâtre. On y présente, entre autres, un extrait du succès du Théâtre Blanc et du Théâtre du Vieux-Québec, Calamity Jane (un texte de Lorraine Côté). Deux jours après l’inauguration officielle de l’Implanthéâtre, le 26 mars 1985, le Théâtre du Vieux-Québec donne le coup d’envoi à la demi-saison 1985 en présentant L’homme gris de la dramaturge Marie Laberge, dans une mise en scène de l’auteure. Le rôle de Christine est joué par Marie Michaud et celui du père par Yvon Leroux.

 

Dès ses débuts, en réponse au bouillonnement du milieu théâtral de l’époque et au dynamisme des nombreuses jeunes troupes de la région, l’Implanthéâtre se veut un lieu dédié au théâtre de création. La salle principale, aménagée telle une boîte noire où toute disposition est possible – tout peut y être déplacé : scène, gradins, projecteurs, sièges, etc. –, invite en effet à la recherche et à l’innovation et favorise l’émergence de propositions théâtrales audacieuses. L’Implanthéâtre devient rapidement le carrefour de la relève de la région, les jeunes troupes étant jusqu’alors contraintes de se produire dans des salles trop petites ou trop grandes, mal équipées ou carrément non sécuritaires. Le théâtre de création ayant maintenant un lieu à Québec, la fougue, l’imagination et la passion des créateurs peuvent pleinement se déployer.

 

Bien que difficiles – il n’est pas rare que des représentations soient annulées faute de spectateurs –, les cinq premières années n’en sont pas moins fort excitantes, tant pour les artistes que pour les spectateurs. Pendant cette période, l’Implanthéâtre présente, notamment, Jocelyne Trudel trouvée morte dans ses larmes (1986) et Night Cap Bar (1987) du Théâtre de la Commune; Calimity Jane (1985) du Théâtre du Vieux-Québec et du Théâtre Blanc;  Autoportrait ou à quoi ça sert de dessiner des filles toutes nues (1989) et Junk (1989) du Théâtre Blanc; Danses-tu? (1987) et Passion Fast-Food (1990) du Théâtre Niveau Parking et  La trilogie des dragons (1985, 1986, 1991), Vinci (1986), Le polygraphe (1988) et Les plaques tectoniques (1989) du Théâtre Repère. Le théâtre jeunesse n’est pas en reste : le Théâtre du Gros Mécano offre au jeune public, entre autres, L’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon (1985), Un ami dans le frigo (1986) et Le secret couleur de feu (1988).

 

À l’automne 1989, l’Implanthéâtre se porte acquéreur de la synagogue. D’importants travaux de rénovations et de modernisation sont alors entrepris. En 1990, dans le but de préciser son image, un concours public est organisé en collaboration avec l’émission CBV Bonjour de Radio-Canada afin de rebaptiser l’Implanthéâtre. Parmi les 297 propositions soumises, celle de Madame Diane Mulvaney fut retenue. L’organisme prend alors le nom de Théâtre Périscope, un mot d’origine grecque, periskopein, qui signifie « regarder autour ». À l’image de cet instrument essentiel au service des marins, le Théâtre Périscope invite les spectateurs à pointer leur regard dans de multiples directions et à observer le monde sous des angles nouveaux.

 

En 1999, le Théâtre Périscope rénove et agrandit ses espaces, donnant ainsi un nouvel élan à la création et à la diffusion. Ces rénovations ajoutent au caractère chaleureux de l’établissement et témoignent de son ancrage dans la communauté. Actuel et contemporain, ce lieu impose un rapprochement entre l’œuvre, les artistes et les spectateurs. La fréquentation augmente et la saison 2001-2002 saluera pour la première fois un millième abonné.

 

En 2003, à la suite d’une étude sur l’actualisation de la mission et la restructuration organisationnelle du Théâtre Périscope, la direction générale se scinde en deux : un poste de direction administrative et un poste de direction artistique. Après avoir occupé le siège de présidente du conseil d’administration (1996-2000), la comédienne et metteure en scène Marie-Ginette Guay accepte de se charger de la direction artistique du Théâtre Périscope, formant ainsi, conjointement avec le directeur administratif Jean-Pierre Bédard, la toute première gestion bicéphale de la corporation.

 

Le Théâtre Périscope s’est toujours attaché à favoriser l’émergence de nouvelles écritures dramaturgiques et scéniques. Pendant dix ans, de 1992 à 2001, la Série Carte Blanche sert de banc d’essai à des projets des plus audacieux et des plus prometteurs. Cette série, berceau du Théâtre du Sous-Marin Jaune avec Candide, voit naître plusieurs projets qui trouvent plus tard leur place dans la programmation régulière et permet à plusieurs auteurs comme Marie-Ève Gagnon, Lise Castonguay, Isabelle Hubert et bien d’autres, d’aiguiser leurs crayons. Depuis décembre 2004, la série de lectures publiques Impressions d’ici, consacrée principalement aux auteurs de Québec, offre la possibilité à de jeunes dramaturges de confronter leurs nouveaux textes au travail des comédiens et à l’accueil attentif du public. Au fil des ans, le Théâtre Périscope a par ailleurs été un catalyseur de l’émergence et l’affirmation de signatures artistiques originales et audacieuses (pensons, par exemple, à Robert Lepage, Lorraine Côté, Michel Nadeau, Gil Champagne, Christian Lapointe) de même que de l’éclosion de nouvelles troupes, notamment le Théâtre Sortie de Secours (Tauromaquia, 1989), le Théâtre du Sous-Marin Jaune (Candide, 1996), le Théâtre Pupulus Mordicus (Les Enrobantes, 2000), les Productions Préhistoriques (Mammouth et Maggie, 2001), le Théâtre des Fonds de Tiroirs (Zazie dans le métro, 2003), Nuages en pantalon (Lucy, 2006) et le Théâtre Péril (C.H.S., 2008).

 

Soucieux de s’ancrer dans son milieu et de créer une passerelle entre les créateurs et les spectateurs, le Théâtre Périscope propose, depuis 2004, les Cabarets Tard-Tard. Cette soirée après spectacle, plutôt libre et débridée, est pensée et animée par les artistes de la relève et permet aux artistes et au public de prolonger le plaisir d’être ensemble. En écho à cette programmation s’ajoutent des activités périphériques telles les très courus Vendredis-rencontres, les Lundis-causeries, les expositions, les concours Acte critique et Coup de cœur des spectateurs, les visites guidées et autres animations élaborées selon la nécessité et l’inspiration.

 

En 2005, le Théâtre Périscope célèbre ses 20 ans. Alors que les murs du Foyer accueillent l’exposition Si les murs pouvaient parler, une rétrospective en images et en murmures de son histoire, la soirée de lectures Traces réunit la parole de 10 auteurs ayant marqué les spectateurs du Théâtre Périscope depuis son ouverture.  Le Théâtre Périscope accueille par ailleurs le colloque La création sous enquête, où praticiens, analystes, penseurs et spectateurs prennent le pouls du théâtre de création tandis que la fête bat son plein lors d’un cabaret réunissant de nombreux artistes, toutes générations confondues, ayant contribué à l’essor du Théâtre Périscope. Dynamisé par ses vingt ans d’histoire, le Théâtre Périscope poursuit avec plus d’efficacité et de pertinence sa mission de diffuseur et s’engage plus avant dans son rôle de prospecteur et de développeur.

 

Aujourd’hui, en 2009, le Théâtre Périscope souffle ses 25 bougies! Toujours soucieux de répondre aux besoins de la création et de favoriser l’émergence du théâtre contemporain à Québec, le Théâtre Périscope s’est offert, pour son anniversaire, de nouveaux équipements spécialisés. Tout au long de la saison 2009-2010, plusieurs activités viendront en outre commémorer le chemin parcouru et souligner le 25e anniversaire de ce théâtre animé par la passion, la soif de découvertes et la joie de la création.

 

Porté à travers le temps par la vivacité et l’audace des créateurs ayant visité ses murs, le Théâtre Périscope est demeuré fidèle, au cours de toutes ces années, à son mandat originel : soulever les troupes autour de la création, débusquer les talents, accompagner les artistes, faciliter les rapprochements entre eux, faire connaître leurs propositions auprès du public et contribuer à l’essor de la dramaturgie actuelle. C’est avec une foi renouvelée en cette mission que le Théâtre Périscope pointe sa lentille vers l’avenir.

 

 

 

Le Théâtre Périscope : 25 ans d’audace théâtrale!

Le Théâtre Périscope est membre de l’Association des diffuseurs spécialisés en théâtre (ADST), du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches,de la Chambre de commerce de Québec, du Chantier de l’économie sociale, de la Corporation de développement économique communautaire de Québec (CDEC) et de l'Office du Tourisme de Québec.


Dernière mise à jour : janvier 2010