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13 Février 2013

DE BIEN BELLES GRANDES VILLES MAIS...

La semaine dernière, trois beaux spectacles: La réunification des deux Corées, par Joël Pommerat, dont on a vu Les marchands, il n’y a pas si longtemps au Carrefour; The Master and Marguerite, de Simon McBurney qui avait présenté le magnifique Streets of Crocodiles, il y a quelques années également au Carrefour; et Pique, de Robert Lepage dont a vu déjà quelques productions à Québec!

Trois spectacles de grande ampleur, trois artistes qui ont su, par leur talent, imposer leur vision du théâtre et à qui on a confié, au fil du temps, des moyens extraordinaires pour produire. Et qui les utilisent très bien. Si vous avez la chance, allez voir ces spectacles ou, à défaut, ce que font ces metteurs en scène d’exception.

Paris et Londres sont des villes formidables d’histoire et de beauté. On peut y voir, l’année durant, de très grands spectacles; c’est l’apanage des grandes métropoles. Par contre, en discutant avec des amis, des camarades, ce qui arrive dans ces villes, depuis le début des années 90 avec tout le mouvement de la spéculation immobilière, c’est qu’il est de plus en plus difficile d’avoir les moyens d’y vivre. Un article londonien disait tout récemment qu’il y a de moins en moins de londoniens à Londres, à part les très fortunés. C’est de plus une ville pour riches: riches anglais, riches russes, riches chinois, riches indiens… riches. Une maison d’un quartier cossu de Londres vaut autant qu’une rue d’un quartier de Manchester. Quand j’étais chez Lecoq, au milieu des années 80, un élève pouvait trouver un petit logement à Paris. Les filles habitaient dans des chambres de bonne. Mais de chambres de bonne, il n’y en a plus. Les élèves doivent désormais habiter au fin fond des lignes de métro ou de RER et vivre à trois dans un studio. Là encore, une ville où s’agglomèrent les fortunés. C’est triste.

Et je me dis qu’à Québec, et encore à Montréal, on est riches de pouvoir habiter un logement en ville. De pouvoir s’acheter une maison en ville. Les villes sont riches d’être habitées par des gens qui peuvent y vivre et qui en constituent le coeur palpitant. Mais quand je vois que la spéculation, ce cancer économique, commence à s’y installer. Quand je constate, à Québec même, que dans dix ans, de jeunes familles ne pourront probablement pas acheter la même maison que j’ai achetée à leur âge, ça m’inquiète. Je ne peux pas y faire grand chose, je ne détermine pas les évaluations mais ce serait très triste que ça arrive. Est-ce un mouvement, une conséquence inéluctable de la marche du capital que cette concentration de l’argent dans des villes qui peuvent produire des choses extraordinaires que le peuple peut aller voir quelques jours par années? Montréal a peut-être plus de ressemblances avec Paris ou Londres qu’avec Saguenay. En arriverons-nous à des sortes de villes-état, comme à la Renaissance, avec le peuple loin, très loin du centre?

Même si j’aime ce que je vois dans ces grandes villes, j’espère que non!

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Crédit photo stephbourgeois.com

Frédéric Dubois

Frédéric Dubois est très impliqué dans le milieu théâtral de Québec. Il a terminé ses études au Conservatoire d’art dramatique de Québec en 1999.

Il est le directeur artistique du Théâtre des Fonds de Tiroirs, plateforme théâtrale importante de la Vieille Capitale. Il travaille notamment au Théâtre du Trident, au Gros Mécano, au Théâtre d'Aujourd'hui, au Centre National des Arts d'Ottawa et au Japon pour Basta Production!

En 2008, il a été récipiendaire du Prix John-Hirsh, remis par le Conseil des Arts du Canada, prix d’excellence qui souligne un début de carrière singulier et prometteur.