Projets spéciaux

Le murmure du Pommetier

Du 13 octobre au 30 octobre 2020, en diffusion extérieure et numérique

Une œuvre sonore collaborative, pacifique et lumineuse créée par Ubus Théâtre et Pupulus Mordicus 

Depuis le 1ier octobre, le THÉÂTRE est de nouveau réduit au silence.  Il en a été décidé ainsi par nos gouvernements en conséquence de la deuxième vague qui sévit et menace notre société. 

Le Pommetier d’Agnès Zacharie, créé par Ubus Théâtre en collaboration avec Pupulus Mordicus  avait ouvert la saison théâtrale du Théâtre Périscope le 22 septembre dernier. Depuis, Le Pommetier est entré en dormance et devrait sortir de ce mauvais rêve le 29 octobre prochain pour poursuivre sa diffusion freinée à mi-parcours.

D’ICI LÀ …

UBUS THÉÂTRE, PUPULUS MORDICUS  et  le THÉÂTRE PÉRISCOPE

Vous proposent

« Le murmure du Pommetier »

Une œuvre sonore singulière, lumineuse et bienveillante 

Ubus Théâtre avec la participation du Périscope et de Pupulus Mordicus laissent entendre le murmure de  ses publics, de ses  créatrices, de ses créateurs et de ses travailleuses et travailleurs de l’ombre.  Des paroles, réflexions et musiques bienfaisantes pour habiter de belle manière l’attente en vue de la réouverture des théâtres à Québec.
 
 

« Le murmure du Pommetier »

Une œuvre sonore singulière, lumineuse et bienveillante

 

Imaginée par Agnès Zacharie

Une production de Ubus Théâtre


CLIQUEZ SUR LE LIEN SUIVANT POUR  ENTENDRE

LE MURMURE DU POMMETIER

 

Une polyphonie poétique composée de : Marie-Hélène Gendreau, Agnès Zacharie, Henri-Louis Chalem, Pierre Robitaille, Liette Remon, Hugues Bertnachez, Christophe Roubinet, Fred Lebrasseur, Jiwan, Marie-Ève Dumont, Josée Campanale, Gérard Bibeau, Julie Zacharie, Romane Tremblay, Lou Genest Lavigne, Marie Leclerc (lu par Béatrice Zacharie), François Gagnon (lu par Agnès Zacharie), Véronique Maltais Zacharie, Jo-Anne Sanche, Louiza Aider, Julie-Anne Leblanc, Rosa Zacharie, Mélanie Robinson, Hélène Pagé, Claire Goutier, Michèle Pérusse et  Micheline Bouzigon.

Œuvre visuelle (installation extérieure) d’Annabelle Roy accompagnée de Hugues Bernatchez - Montage sonore de Pascal Robitaille - Lumière de Henri-Louis Chalem

 

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PRENDRE SOIN / Marie-Hélène Gendreau


Le Pommetier était un geste d’amour. Un geste humain. Un geste artistique. Depuis le 1er octobre dernier, il est entré en dormance. Nous espérons son réveil le 29 octobre prochain. D’ici là, profitons de ce temps d’arrêt pour écouter son murmure et pour prendre soin… Prendre soin de soi. Prendre soin des autres.  Prendre soin du monde qui en a grand besoin. Et pour continuer de vous espérer, réunis, forts et beaux.

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RÉFLÉCHIR / Agnès Zacharie

 

Libère-toi ma pensée et vogue

Prends le temps de saluer 

L'immobilité

Elle est si humble et sage

Elle n'égrène pas les heures

Son espérance c’est maintenant

 

Déferle-toi ma pensée et plane

Prends le temps d'accompagner

Le vol des oiseaux

Ils savent si bien flirter

Avec les vents dissidents

Pour rendre visite à l'océan 

 

Élève-toi ma pensée, regarde

Prends le temps d'apprivoiser

Ce fléau couronné

Cette invisible beauté

Fais taire l'insouciance 

Pour raviver l'humanité

 

Repose-toi ma pensée et songe

Prends le temps de t'égarer

Comme les poètes 

Ils jonglent avec les mots de tous les maux 

Pour faire reculer la peur

Et faire renaître la lueur …

 

Réfléchir, c'est s'arrêter...

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DE QUEL DROIT IL SE CORONA ? / Henri-Louis Chalem

 

Ce printemps, je prends mes distances,

La neige fond, dans l'air la méfiance, 

La flore et ses bourgeons, les fleurs de l’espérance

La venue du beau temps, la vie à contresens 

 

À travers la fenêtre, douce chaleur y pénètre

Le soleil qui illumine nos noirceurs les plus secrètes,

La frayeur, la peur, le poison de la terreur.

Le cauchemar d’une plaie qui nous oblige à s’isoler

 

Et je reste confiné

 

Je cours plus de gauche à droite, paralysé par ces temps fous,

Je tourne en rond je trouve ça plate le moral en prend un coup

Sans sauter aucun repas et en faisant de l’embonpoint

Je fais les 100 pas, à rien à faire j’ai toujours faim

 

Effrayé du contre temps, isolé du monde entier, 

À cette heure j’ai tout mon temps, interdit de travailler…

 

Et je reste confiné

 

Je n’en reviens pas de tous ces tracas

Enfermé dans ma demeure, je pense aux êtres chers,

Confinés comme des malades, en attente d'un salut.

Malgré l’éloignement et la distanciation

Tenons-nous ensemble combattons cette infection

 

De quel droit il se corona ?

Bousculé par tant de peur, nous voilà face à la mort

En attente d’un vaccin, j’ai perdu mon gagne-pain

Le remède miracle qui changera notre destin

La pandémie qui frappe, un nouveau mot pour mon latin

 

Et je reste confiné

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DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR / Pierre Robitaille

 

Chers Amis et ceux qui pourraient le devenir, de tous horizons et de toutes allégeances,

Je crois qu’on vient de passer de l’autre côté du miroir: de conciliants, prompts à l’entraide et à l’enthousiasme communautaire, on vient d’entrer dans un monde de rage, de suspicion, d’anxiété et de chasse aux sorcières. Cette ligne franchie qui demande un ou des coupables, où l’accusation et la délation sont la règle; ce moment où la peur et l’anxiété basculent vers une sourde et insidieuse haine.

Je n’exagère pas: un ami vient de se faire menacer pour avoir publié une photo, prise bien avant la crise sanitaire qui nous bâillonne, et de se voir mettre au ban et ainsi nuire à sa carrière parce que cette image montrait une situation qui ne respectait pas les règles sanitaires! Je le répète: cette photo datant de bien avant la crise nous montre la joie qu’il a de pratiquer son métier! Une image ô combien réconfortante... Savonarole, ce prêcheur implacable, connu pour ses réformes religieuses, ses prêches anti-humanistes, son bûcher des vanités où disparurent de nombreux livres et de nombreuses œuvres d’art, doit jubiler dans son enfer!

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres: on traite les gens d’anti-masque, de complotistes, de moutons et j’en passe. Ce n’est pas un épiphénomène; je le constate tous les jours depuis quelques temps et pas sur les  réseaux sociaux.

Alors, prenons tous une grande respiration, tournons notre langue, ou nos doigts, sept fois avant de parler ou de taper rageusement sur le clavier, et de grâce retrouvons la joie dans l’adversité avec compassion et empathie.

Moi aussi j’ai envie de hurler ma colère d’être de nouveau confiné, moi aussi je vis l’incompréhension et la stupeur face à certains comportements ou devant quelques décisions boiteuses; mais je refuse de basculer dans la haine ou l’affrontement. Ce qui ne veut pas dire de demeurer passifs au contraire. Comme une amie le dit: Haut les cœurs! Cherchons activement et solidairement une solution pour sortir de cette crise et faisons en sorte que «  l’artisse » ne soit pas une espèce en voie d’extinction. Nous l’avons fait jusqu’à maintenant. Relevons-nous et continuons... Avec un grand sourire sous le masque et à deux mètres de distance... (texte écrit pour conjurer mon anxiété grandissante)

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POÉSIE / Liette Remon et Hugues Bertnachez

 

L’analphabète

Affame la lettre

 

Le retour du pendule

N’arrête pas le temps

 

Je reviens de loin

Sans quitter mon lit

 

À qui l’ti-coeur

Avant 9 heures?

 

La vie est quand même formidable.

Je me ferais poète si j’avais le temps

 

Parfois le coeur n’y est pas

Le mot d’amour se fait muet

Et les feuilles tombent en silence

 

Il feuille dans mon coeur

Comme il feuille sur ma ville

Et je broie du jaune, de l’oranger et du rouge

Pour une 58ème fois.

Demain sera long.

Et blanc.

 

Je sirote le soleil

Le nez dans mon café

La tête dans le ciel bleu

 

Le temps s’arrête à ma porte

Le bonheur aussi

 

­­­­­Un jour, je m’en irai

Comme je suis venue

Laissant sur ton corps

Une empreinte d’amour

 

Prends ma main

Et sur ce banc

En silence

Vivons l’éternité

Un moment

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MERCI / Christophe Roubinet

 

Le théâtre est une fenêtre ouverte sur l’imaginaire et la réflexion. Par ses œuvres l’Ubus Théâtre nous a fait voyager à travers le temps et l’espace tout en restant proche de nous par son enrobante proposition artistique délivrée dans cet univers si particulier de l’Autobus! Cet univers, des plus poétique, vous permet de partager avec nous des pans entiers de votre imaginaire et de votre histoire au combien riche de cultures et de pays différents. Nous sommes choyés de vivre dans une société où ce partage est possible et même encouragé; jusqu’à un certain point. Aujourd’hui, le soleil brille moins fort sur les arts, mais gardons en nous cette flamme, si petite soit-elle, afin de retrouver ensemble et le plus rapidement possible cette faculté de nous émerveiller. Merci l’Ubus et à bientôt !

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LA POMME / Fred Lebrasseur

 

 

 

 

 

 

TOUCHER CLANDESTIN / Jiwan

 

Les caresses me manquent

Ces câlins interminables

Où l’on pense se fêler une côte

Où l’on sent son aftershave

Ou sa sorte de pâte à dent

Même ton swing de 12h me fait rêver

Approche-toi de moi

Au point que j’me voye le reflet dans tes yeux

Donne-moi ta moiteur de mains

Que je ne la gâche pas avec du Purell

Qui sent le Gin Stadaconné

Prend-moi en cuillère

Même si on vient clairement pas du même set

Le moment awkward quand on sait pas

Si c’est une bise ou un collé

Essuie mes larmes avec ton col de gilet

Je vais t’enlever mon cil de la joue

On va souffler pis faire un voeux

On va se prendre par les mains

Pis rire à s'époumoner

Prendre une douche mutuelle de

nos microgouttelettes qui n’ont peur de rien

Faire un cocus comme quand on jouait au kinball

Masse-moi les pieds, les hanches, le cou pis les oreilles

J’ai envie d’y sentir ton souffle y too

Je meurs d’envie de te dire

Que t’as une graine dans les dents

Ou une crotte de nez sur le bord de la narine gauche

Non, l’autre gauche, attends, j’vais t’aider

J’ai envie de voir ta langue zozoter

Et de voir ton filet de bave

De quelqu’un qui a trop parlé

J’ai envie de te passer ma bouteille d’eau

Pis de demander un lipsil à quelqu’un

Au lieu de toutes ces belles choses

Aujourd’hui si démodées

Je suis pognée avec une délégation masquée

Qui n’a aux lèvres que la distanciation

Mais qui rêve enfin

Au toucher clandestin.

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EN CES TEMPS UN PEU SOMBRE / Marie-Ève Dumont

 

En ces temps un peu sombre où nous nous sentons tous un peu seul, 

En attendant que les théâtres rouvrent leurs portes… 

 

Nous avons besoin de la force des mots qui peuvent nous offrir douceur, bienveillance et réconfort.

 

En attendant de pouvoir serrer les gens que nous aimons dans nos bras, 

Nous avons les souvenirs pour mettre un baume sur les temps incertains, l’écoute et les mots pour apporter du réconfort et faire du bien en attendant que nous puissions nous retrouver, enfin, tous ensemble, réunis."

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LA SENTINELLE / Josée Campanale

 

Après tant d’heures et tant de jours de travail, le pouvoir magique des mots, des sons, de la lumière résonne comme un murmure, comme les vagues de la mer.

C’est la première représentation.

 

Mais voilà, ces mystérieux et magiques moments répétés soir après soir comme un rituel, doivent cesser.

 

Le virus ennemi a envahi la planète.

Le Premier ministre a parlé.

Tous les théâtres doivent fermer.

 

Comme si tous les esprits de la terre et du ciel s’entrechoquaient,

La tristesse est entrée dans le coeur de tous les théâtres.

Chaque mot doit s’éteindre, chaque murmure doit arrêter de vibrer.

Il ne reste que deux jours.

 

Dernière représentation. Dernier rituel.

Le spectacle sculpte l’espace et le temps.

Une douleur obscure envahit toute l’équipe.

C’est comme vivre un rêve au bord de l’abîme.

La lumière s’éteint, c’est le Noir.

 

Seule la sentinelle, faible lueur, reste là, fidèle gardienne de la destinée du théâtre.

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CRÉER DE LA BEAUTÉ / Gérard Bibeau

 

Ce ne sont pas les puissances destructrices qui me fascinent,

Mais au contraire la force créatrice.

 

Un ennemi invisible à l’oeil nu

A semé le chaos sur la planète

Et nous a atteints jusqu’ici.

 

Mais nous savons que dans ce chaos

“Il y aura encore du rêve à creuser.

Partir de rien toujours,

Planter du futur là où personne n’y croit.” (Paola Pigani)

 

“Il faut porter en soi un chaos

Pour mettre au monde une étoile qui danse.” (Nietzsche)

 

Quelqu’un a la baguette du chef d’orchestre.

Il a le pouvoir « d’allumer une étoile sur le noir de la voûte céleste.

Et celui de l’éteindre.” (Audur Ava Olafsdottir)

 

Notre mission consiste à la rallumer sans cesse

Et ainsi créer de la beauté,

Et peut-être... un pommetier.

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MON CŒUR / Paroles et musique de Julie Zacharie

 

« Saviez-vous que les anges existent ? J’en connais un. Elle s’appelle Julie. Elle est la présidente d’Ubus Théâtre. Un jour, elle a composé une chanson magnifique. Une chanson d’amour. Et elle était accompagnée par un petit oiseau. Cet oiseau a été l’une des sources d’inspiration de notre objet théâtrale Le Pommetier. J’aimerais vous la faire entendre, car je l’adore. » 

Mon coeur, 60 printemps 
Filent les heures, passe le temps 
Au cœur de cet instant 
Mille couleurs, émerveillement 

Tu as suivi ton chemin
Sans te douter qu'il te mènerait vers nous enfin
Sensible et fragile  parfois 
Ce qui a fait battre mon coeur la première fois 

Aujourd'hui je veux te dire  
En peu de mots, mon seul désir
Que ce jour soit plus qu'un souvenir. 

Mon coeur, ma tendre amie 
Tant de douceur , mon infinie
Candeur quand tu souris
Même quand tu pleures 
Je vois la vie 
Tu as connu la douleur
Celle qui frappe sans en parler à ton coeur 
Sensible et fragile parfois 
Tu sais me rassurer pourtant grâce à ta foi

Aujourd'hui je veux te dire
En peu de mots, mon seul désir
Que le meilleur et non le pire 
Que du bonheur, ton avenir

Mon coeur, mon bel amour, mon grand Amour, mon seul amour 
Toujours , jour après jour, et tour à tour , nos mots d'amour

Tu sais parler à mon coeur
Plus que les mots,  sans compromis ,comme une fleur
Sensible  et fragile  parfois
Tu te relèves encore plus forte à chaque fois 
Aujourd'hui je veux te dire 
En peu de mots, mon seul désir
À tes côtés, te soutenir 
Être là jusqu'au dernier soupir...

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PARCELLES / Romane Zacharie

 

Chaque été a toujours été unique et, à travers les yeux de l’imaginaire, j’ai voyagé aux quatre coins du monde et incarné plus de mille personnages d’histoires rocambolesques. Jouer dans le sable chaud, agencer les branches pour construire une maison à l’orée du bois, galoper avec la liberté du cheval sauvage, dans la maison de mes grands-parents, glisser dans les escaliers avec des coussins et pendant une fraction de seconde, avoir peur de se casser les os, puis vouloir recommencer des centaines de fois encore parce que ces instants de danger nous font sentir plus que jamais en vie.

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BONJOUR MME BÉRANGÈRE! / Lou Genest Laroche

 

Bonjour Mme  Bérangère,

Merci de m’avoir invité chez vous !  J’ai hâte d’y retourner !  Et  d’ici là, préparez-moi des confitures aux framboises … Parce que j’aimerais revoir la fourmi …

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FRUITS / Poème de Marie Leclerc inspiré de ARBRES de Paul-Marie Lapointe / Lu par Béatrice Zacharie

 

Becquée de lumière 

Éclair de couleurs naissantes

Dans les touffeurs mousseuses

À l’ombre des éclatements verts

 

Petites offrandes d’araignée 

De branche

De buissons exhalés

Fruits engendrés dans le pourpre de la  nuit

Fruits roses blancs 

Fruits noirs des fées

Ou bleus d’une ancienne noyade

 

Fraises qui se baisent

Gorgeuses de jus poilu

Groseilles à rayures de petits ballons

Groseilles des chiens à nervures de melon

 

Gadelles glanduleuses

Gadelle amère

Scrupule sournois des extrémités

Amélanchier d’une mélancolique Amérique

Amourachée de blanche fleur

Pimbina nain enflammé

Viorne à feuille d’aulne et bois d’orignal souple

Mascous encore amer

Encore mammaire

Cerise à grappe que la bouche attrape

Sous les bises douçâtres

 

Gueuse genièvre  croquante barricade

Airelle

Ère parvenue à tire d’aile

 

 

Rutilante plaquebière

Mort déterrée

Claque de lichen éclatée

Sur la nuque montagnaise

 

Catherinette au nom de fillette

Pâle perverse  

Bleuets secrets bombés d’azur

Luxure spongieuse dans le tapis humide

À ronce aux émulsions chatoyantes 

Lourdes rangées perlées

Derrière les longues piquantes

Aronia noir livré aux mystiques cérémonies

Des tisseuses amoniaques

 

Casseille qui fasseye sous la langue

Cassis résistant de peau 

Églantier-pétale tendant ses  rouges oeufs

Églantier en pulpe  

Vieillotte conquête

 

Sous les mouches-à-feu  exaltées

Sureau  brillant comme une céramique

Frétillant dans la main autant que truite

Merise émérillonne

Canneberge érectile au pédoncule brisé d’effroi

 

Framboises sucées dans les paumes de sang

Framboises intimes et génitales

Fruits de l’hiver disparu

Cuisantes des ardeurs cigales

Fresque grouillante de pattes et d’antennes

Fruits aux orifices palputiants

Petits jouisseurs avalés en débordements

Coulant sucrés des vulves émerveillées

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BONNE ROUTE! / François Gagnon / Lu par Agnès Zacharie

 

Un jour, un dense brouillard s’est posé sur l’horizon.

Mais moi,  pommetier doué d’une certaine sagesse,

Je me tenais fièrement debout !

Témoin et bénéficiaire d’autant  des bontés  que des aléas  de  Dame Nature,

Je  persistais, en silence, à offrir  un accueil bienveillant et  une oreille

Attentive  aux  cœurs  chamboulés.

 

Un jour l’Ombre  a fait place  à la  Lumière.

Le soleil a  poursuivi jour après jour son parcours,   entouré de nuages bienveillants.

 

Ainsi,  face à l’adversité,   sois bon  avec toi !

Devant un miroir,  par le doux reflet de tes yeux, tu y percevras ton âme. 

N’hésite pas  à questionner  la forêt : elle possède des secrets que ton 

Cœur  pourrait apprécier ! 

 

Fais confiance à la Vie !

Bonne route !

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LA VOIX DE L'AMOUR / Véronique Maltais Zacharie


Ce soir, les foules s'exclament dans le monde entier.
Je vois des hommes et des femmes se lever
Et des enfants prendre le pas.
Le dur combat ne finit pas.
La pollution, le corona,
Sont à nos portes, j'entends le glas.
DIEU CRÉATEUR, guérit nos coeurs.
Sur ton chemin, nous serons vainqueurs.

Voix de l'amour, d'espoir tu nous parles encore.
Tu nous soutiens, tu guides nos efforts.
L'amour rêvé, celui des enfants,
Deviendra-t-il comme le printemps?
Est-ce qu'ils verront nos durs combats
Pour éloigner le corona
Et nos efforts à chaque saison
Pour enrayer la pollution?


Voix de l'amour, d'espoir tu nous parles encore.
Tu vois nos peurs, aussi tous nos efforts.
Un grand réveil sur notre terre,
Dans nos pardons, la grâce opère.
Oui, nous verrons des coeurs sincères,
Dans un travail des plus austères.
Nos frères, nos sœurs n'auront plus peur,
Et nos vergers seront en fleurs.

ALLONS, DEBOUT!

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EXTRAIT « LE PETIT PRINCE » / Antoine de Saint-Exupéry – Lecture de Jo-Anne Sanche

 

C’est alors qu’apparut le renard :

- Bonjour dit le renard.

- Bonjour, répondit le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier…

- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…

- Je suis un renard, dit le renard.

- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

- Ah! Pardon, fit le petit prince.

Mais, après réflexion, il ajouta :

- Qu’est-ce que signifie « apprivoiser »?

- Tu n’es pas d’ici, dit le renard que cherches-tu ?

- Je cherche les hommes, dit le petit prince

Qu’est-ce que signifie apprivoiser?

- C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie «  créer des liens… ».

-Créer des liens ?

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LE THÉÂTRE ME MANQUE / Louiza Aider

 

Le théâtre me manque, la rencontre avec les artistes, la rencontre avec le public, la rencontre avec l’art, mais surtout la rencontre avec soi-même. Vivement le retour de l’art vivant !

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JE ME SUIS DIRIGÉ SOUS L’ARBRE / Julie-Anne Leblanc

  

Je me suis dirigée sous l'arbre

Et je me suis sentie accueillie

J'ai sentie qu'on avait pris soin de moi 

Dans les petits gestes

Dans les mots

Dans les objets 

Dans les mouvements

 

Je me suis dirigée sous l'arbre

Et je me suis sentie attendue

L'accueil

Le soin 

L'intimité

En ces moments

C'est si précieux

Merci!

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UNE PETITESSE ARRIVE / Rosa Zacharie

 
« J’suis allée me promener dans l’bois. 
Et… Le vent s’est levé. 
Très fort. 
Et j’ai eu une inspiration... 
Que voici. »
 
Une petitesse arrive...?
Et le monde dérive?
C’est ça qui est ça...?
 
Les humains sont faites comme ça 
Tu voudrais que j'en pleure ? ?
Et moi qui ai envie d’en rire?
Qui ne croit pas comme plusieurs
Que tout cela est venu d’ailleurs
Voyons, ne soyons pas stupides 
 
La vie donne tant... ironiquement...?
De quoi faire ses dents?
Je ne ferai pas semblant?
Comme certains bien-pensants... car...?
Sans poules, pas d’œufs, pour croquer dedans 
 
Il faut un courage immense 
Pour intégrer le jeu?
Du meilleur et du pire?
Du tout pour le tout 
 
De la farce pour un rire 
De la panse qui s’épanche 
De la pensée facile... 
Mais fort heureusement... 
 
L’amour est au rendez-vous?
D’une façon que je ne peux décrire 
Étonnamment, il déjoue tout?
Sans conditions immunes - aucune il atteint sa cible, par en-dessous 
 
Hier, ta voix s’est fait entendre 
Soudain... le vent s’est levé... ... et soulevé encore et encore 
Rien à faire, rien à dire 
 
Je comprends mieux... maintenant 
Ce petit truc qui ébranle les empires 
Rien ne l’arrêtera... vraiment 
 
Non, Rien à faire, rien à détruire 
Tout est à ressentir maintenant 
Tout à embrasser vraiment
Le meilleur comme le pire 
Ça s’initie par en-dedans 
 
Rien à faire, pas de soupir?
Ça se fera, peu importe le temps
Ça se fera... a-a-a-?En fait, c’est déjà présent?
La vie c’est fort, pas mal aussi fort qu’une petite mort.
 
« Merci ! Merci d’sourire sur la rue. Merci d’exister. D’être là. Merci de continuer. »

 

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PEINDRE UNE TEMPÊTE / Mélanie Robinson

 

Au Québec, le vent souffle fort. Chez nous, on se décourage pas quand l’hiver arrive. On se plante les pieds solidement dans la neige, pis on crie à la tempête qu’elle peut bien essayer de nous pousser,  on bougera pas. 

Nous autres, on a la tête dure pis le cœur bien placé. On sait bien que ça va brasser. Pis que ce sera pas facile. Mais à se tenir la main, on a moins de chance de partir au vent. Parce que c’est bien creusé dans notre tête : la musique… les couleurs… Les mots. On va pas disparaitre, parce que faire naitre le beau du rien, c’est  ça notre oxygène.

Fak on va prendre un grand respire, accrocher notre tuque mais pas nos patins.  Pis comme toutes les tempêtes, elle va passer en nous laissant un paysage blanc qu’on va pouvoir peindre.

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LA PATIENCE DU POMMETIER / Hélène Pagé

 

Devant chez moi, un pommetier, trop jeune peut-être, déjà un peu tordu, mais tendu vers la lumière. Il n’a pas encore donné fleurs et fruits.

Je suis patiente, j’attendrai.

Il y a quelques jours, au théâtre j’ai découvert  un Pommetier. Je n’ai pas attendu, j’ai tout reçu, la poésie des mots, la fantaisie des images, la générosité des cœurs. Un pur ravissement.

Je suis patiente, j’attendrai un prochain enchantement.

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POUR ME SOUVENIR… / Claire Goutier

 

On marche, on est témoin, on observe des souvenirs précieux, le temps s’étire, mais pas trop. Juste assez pour camper le décor. Le temps d’observer les détails, nombreux, subtils, tendres.

Puis la rencontre. Je suis aux aguets, tous mes sens sont éveillés. Rencontre qui fait du bien, qui apaise, qui émerveille. Avec les petites bricoles amusantes un peu partout, pour nous quatre, ces images qui se collent à la rétine, qu’on garde en tête, comme une fleur suspendue à la fenêtre. Comme un moment précieux, comme une amie de longue date.

Un moment que j’ai apprécié, pour arrêter, pour respirer. Pour me souvenir.

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ÉTATS DE GRÂCE / Michèle Pérusse

 

En ces temps  aberrants, nous sommes nombreux à rechercher des activités autant que possibles permises... qui font du bien à l’âme! 

Ainsi la semaine dernière,  par une magnifique journée d’automne j’ai fait le tour de l’île en compagnie d’une amie...  L’Île d’Orléans  « 42 milles de choses tranquilles... pour oublier le difficile et l’inutile » … Eh bien ! C’est  formidable parce que ça fonctionne ! On en revient plus légers, on se dit que la beauté ranime le goût de continuer...  et qu’on va passer à travers le difficile.

Et bien le lendemain, j’ai ressenti le même état de grâce après  ma soirée au théâtre où  j’ai  vu Le Pommetier... j’ai même acquis  la conviction  que ce pommetier se trouve à l’Île  d’Orléans et que la fenêtre de Bérangère donne sur le verger où il grandit et se déploie dans la lumière. 

Je crois même que l’homme souriant qui l’a si bien entretenu avait le regard  bleu du poète... et que Bérangère est une passeuse de bonheur.


Pour supporter le difficile et l’inutile... 
Y’a la beauté, y’a la bonté 
Y’a la poésie, y’a l’imagination.
La nature est toujours là, disponible.
Vivement le retour de l’art vivant.  

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ÉCHO / Micheline Bouzigon

 

L’écho de la douce voix de Bérangère raisonne encore en moi

Par ses mots, par le lieu,  le 4e mur s’est estompé, j’étais sur la scène, dans son décor, pour me joindre à elle.

J’ai vécu intensément ces moments et ils demeurent.

Ce fut une parenthèse « lumineuse et bienveillante » en ces temps sombres et arides que nous traversons. 

Une autre dimension, une évasion du quotidien.

Mais aussi, pour moi,  un rappel, l’identification d’émotions vécues en un passé révolu.

Le Murmure du Pommetier témoigne éloquemment de l’importance des arts de la scène

Pour nous permettre de mieux faire face aux difficultés de la vie,  parce qu’ils nous ouvrent, Nous élèvent et nous initient intimement à d’autres univers. 

Merci.