Saison 2021-2022

Marie Stuart
14 au 30 octobre 2021

 

Mardi au vendredi > 20 h

Samedi et dimanche > 16 h

Durée > 1 h 40 sans entracte

Deux femmes en quête de liberté jusqu’à la mort

Ce sont des femmes de pouvoir. Elles sont imparfaites, cruelles, sensuelles, brillantes. Elles ont marqué l’histoire et inspirent à présent notre vision de la féminité. En travaillant la force et les nuances de ce texte de Dacia Maraini, Les Écornifleuses, guidées par Frédéric Dubois, poussent la réflexion sur l’acceptation de ce qui nous forme, de ce que nous sommes dans toute notre singularité et notre liberté.

Autour du face à face imaginé entre Marie Stuart, reine d’Écosse, et Élisabeth 1re, sa cousine et reine d’Angleterre, qui ordonna la sentence de sa captivité, l’autrice propose une série de tableaux dans lesquels on découvre la tension qui les oppose : l’une jouit d’une liberté physique mais est prise dans un carcan de valeurs et d’actions qu’on lui dicte, tandis que l’autre, captive, est libre de penser et d’embrasser sa féminité. Seules avec elles-mêmes ou en compagnie de leur servante respective, les grands tourments qui les tenaillent se posent dans une intimité naturelle et désarmante.

 

Compagnie Les Écornifleuses
Texte Dacia Maraini
Traduction Marie-José Thériault
Mise en scène Frédéric Dubois
Assistance à la mise en scène et appui dramaturgique Marie-Ève Lussier-Gariépy
Distribution Marie-Hélène Lalande et Joanie Lehoux
Lumière Caroline Ross
Costumes Vanessa Cadrin
Conception sonore Pascal Robitaille
Direction technique Laëtitia Mayer


Marie Stuart
Du 14 au 30 octobre 2021
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Espace des curieux

 

Afin de permettre à celles et ceux qui le souhaitent d’entrer déjà dans l’univers de la production, Les Écornifleuses proposent un balado en deux épisodes articulés autour du contexte historique de l’œuvre, du projet de mise en scène et de la portée féministe du texte de l’Italienne Dacia Maraini.

Marie et Élizabeth : supporter le poids de la couronne

Épisode 1 Épisode 2 - À VENIR
 

L’œuvre

Marie Stuart, écrite en 1975 par Dacia Maraini puis traduite en français par la montréalaise Marie José Thériault en 2000, s’inspire très librement du drame romantique allemand du même titre de Friedrich von Schiller. C’est la scène centrale de l’œuvre, le face à face de Marie Stuart, reine d’Écosse emprisonnée par Elisabeth 1re, sa cousine et reine d’Angleterre, qui a servi de moteur de création à l’autrice.

Autour de cette rencontre entre deux lionnes chargées de haine, de soif de liberté, d’envie, mais aussi liées indéniablement par l’amour, la sororité et l’ambition, Maraini articule les tableaux de son œuvre. Elle ne propose pas une structure dramatique linéaire et réaliste, mais plutôt une série d’impressions, de réflexions, de rêves et de souvenirs racontés par chaque reine et sa suivante. Le temps passe de manière chronologique, mais les deux femmes explorent des temporalités différentes, l’une revenant sur son passé, l’autre, essayant de déterminer son futur.

À travers ces tableaux, on découvre la tension qui oppose les deux reines : Elisabeth jouit d’une liberté physique mais est prise dans un carcan de valeurs et d’actions qu’on lui dicte, tandis que Marie, captive, est libre de penser et d’embrasser sa féminité tout en cherchant à assumer complètement les choix qui l’ont menée à son terrible destin. Tout au long de la pièce, l’autrice retire aux reines les apparats qui les enferment pour remettre en scène deux femmes, celles que l’on retrouve sous la couronne. Le politique disparaît au profit de l’intime. Finalement, cette histoire est celle de deux femmes en quête de liberté jusqu’à la mort.

Quelques faits historiques

Marie Stuart et Élisabeth 1re sont des cousines lointaines. Le grand-père d’Élisabeth, Henry VII, qui a succédé au redouté Richard III, est aussi l’arrière-grand-père de Marie. Par ce lien de sang, la monarque écossaise peut donc prétendre à la couronne d’Angleterre. Pour certain·es, sa légitimité est même plus grande que celle d’Élisabeth, née du second mariage de Henry VIII avec Ann Boleyn, union non reconnue par l’Église catholique.

À son retour de France où elle a passé la majeure partie de son enfance, Marie Stuart, fervente catholique, prend la décision de respecter la religion protestante devenue officielle en Écosse depuis quelques années. Elle exige toutefois de continuer à pratiquer la religion catholique en privé. 

Robert Dudley, comte de Leicester, a longtemps été le favori de la reine Élisabeth. Malgré la grande intimité qu’elle partage avec cet homme, elle propose publiquement de l’unir à Marie Stuart afin, l’on présume, d’assurer un contrôle sur la reine écossaise. Cette dernière refuse la proposition de sa cousine et s’unit plutôt à Henry Darnley, un noble catholique qui ne plaît pas aux puissances protestantes écossaises.

David Riccio, un courtisan italien, conseiller et ami de Marie Stuart, est assassiné dans les appartements de cette dernière par plusieurs lords écossais. Parmi les signataires de cet acte sanglant se trouve Darnley lui-même, jaloux de la proximité de son épouse avec cet étranger.

L’année suivante, Darnley est à son tour assassiné dans des circonstances mystérieuses. Trois mois plus tard, Marie épouse le comte de Bothwell, l’un des principaux suspects du meurtre, et perd ainsi la confiance de son peuple. Forcée d’abdiquer suite à une révolte menée par de puissants lords écossais, la reine se réfugie en Angleterre où elle espère obtenir le secours de sa cousine Élisabeth. Or, cette dernière, craignant que Marie ne cherche à s’approprier la couronne anglaise, la tient captive pendant 18 ans, jusqu’au jour de son exécution.