Saison 2019-2020

Dévoré(s)

Du 29 octobre au 16 novembre 2019

Mardi - Mercredi > 19 h

Jeudi - Vendredi  > 20 h

Samedi > 16h

Jeudi 31 octobre, bal masqué électro après la représentation.

Durée du spectacle : 2H sans entracte

Thriller angoissant, théâtre de l’horreur

Jean-Denis Beaudoin présente une création déstabilisante sur la peur de l’autre. Comme à son habitude, le jeune auteur de talent provoque la rencontre entre l’onirisme et la violence pour nous projeter dans un univers vivement angoissant, pulsionnel, où les personnages ne représentent que trop bien nos monstres intérieurs.

Dévoré(s) se déroule le jour de l’Halloween; la seule fête où l’on sort de chez nous, à nos risques et périls. Une famille et des amis tentent d’échapper à leur misère en participant à un jeu de téléréalité. Les participants, filmés dans leur maison de banlieue dont ils ne sortent pratiquement jamais, doivent se rendre intéressants et séduire l’auditoire pour gagner de l’argent. Une mère monoparentale obnubilée par le monde extérieur, son fils obsédé par un livreur de lait étrangement familier et ses amis, affectés par l’isolement que provoque un monde en changement, se retrouveront tous happés par ce manège infernal. Ils devront choisir entre l’intérieur et l’extérieur, entre le confinement et la libération, entre la noirceur de leur étouffant quartier résidentiel et la lumière aveuglante du soleil qui jadis l’illuminait. 

 

Compagnie — La Bête noire
Texte et idée originale  — Jean-Denis Beaudoin
Mise en scène — Jocelyn Pelletier
Assistance à la mise en scène — Shanya Lachance Pruneau
Distribution — Jean-Denis Beaudoin, Ariane Bellavance-Fafard, Lise Castonguay, Hugues Frenette, Mathieu Richard, Dayne Simard
Décor et lumière — Jean-François Labbé
Conception vidéo — Keven Dubois
Conception musicale et sonore — Christophe Dubé
Concepteur aux effets spéciaux — Guillaume Perreault
Costumes et accessoires — Virginie Leclerc
Direction artistique — Jean-Denis Beaudoin
Direction technique — Shanya Lachance Pruneau


Dévoré(s)
Du 29 octobre au 16 novembre 2019
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Espace des curieux

Distribution

Jean-Denis Beaudoin Ariane Bellavance-Fafard Lise Castonguay Hugues Frenette Mathieu Richard
 
Crédit : Eva-Maude TC Crédit : Andréanne Gauthier Crédit : Julie Artacho Crédit : Maude Chauvin Crédit : Eva-Maude TC
 
Dayne Simard
Crédit : Maxim Paré Fortin

Mot de l'auteur

« Pour moi, l’art doit provenir de cet endroit où nous rêvons. Car un artiste est d’abord et avant tout un créateur de chaos. Un chaos qui génère des sensations. Des sensations qui mènent ultimement à une réflexion. Je crois que la qualité de mon écriture repose principalement sur le fait de traduire, et ce le plus fidèlement possible, mes visions irrationnelles, celles qui n’ont rien à voir avec la morale, la science ou la politique. Mon théâtre se trouve dans l’obscurité. Dans cet endroit qui n’existe que par le biais de notre imagination. Dans cet endroit où le sens de chaque chose n’est pas défini d’avance, car c’est bien quand on ferme la lumière que nos monstres se mettent à vivre. Ces créatures toutes aussi différentes les unes des autres, qui existent malgré nous, en chacun de nous, reflétant nos peurs, nos mythes, nos espoirs.

J’ai profondément peur de ce mouvement de radicalisation, de fermeture à l’autre, que l’on entend et l’on voit partout, maintenant. Le discours est de plus en plus décomplexé. C’est épeurant.

Plus l’angoisse, de toutes formes, nous gagne, plus nous avons tendance à nous refermer, à nous replier sur soi-même, à nous barricader dans notre petite maison. J’imagine que c’est l’instinct humain.

Oui, Dévoré(s) se caractérise principalement par sa propension à vouloir créer la frayeur et l’inquiétude chez le spectateur, en explorant, à travers l’univers codifié des films d’horreur, les méandres les plus sombres de la psychologie humaine mais… vous n’êtes pas dupes. Vous savez bien que ce n’est qu’une façade. Une façade qui me permet de donner vie à mes monstres les plus coriaces. Cette angoisse que je porte, face à moi-même et face aux autres, face à mes propres capacités et face à l’avenir de notre monde, le théâtre me permet d’en parler. Parce qu’il faut en parler. Il faut sortir ça de nos têtes, de nos corps et en parler. Plus j’ai honte de ma propre nature, plus je donne raison à ceux qui en ont peur. L’horreur, dans toute son abstraction, comme affect puissant. La représentation artistique comme exutoire. L’art de la terreur pour nous protéger de la possibilité d’un destin réellement horrifique.

Je ne fais pas partie de ceux qui chassent les monstres. Je fais partie de ceux qui les portent en eux. »

-Jean-Denis Beaudoin