Saison 2019-2020

Pour qu'il y ait un début à votre langue

Du 14 au 25 janvier 2020

Mardi - Mercredi > 19 h

Jeudi - Vendredi  > 20 h

Samedi > 16h

Création théâtrale puissante sur le thème de la désobéissance

Inspirée de l’œuvre de Sylvain Trudel, la pièce fait entendre, dans une langue franche et une poésie assumée, la parole d’une jeunesse en furie, insoumise, prisonnière d’une vie où tout pourrait avoir lieu, mais où rien n’arrive jamais; en quête d’une terre de liberté à laquelle appartenir, enfin.

Frédéric a 25 ans et il attend la mort. Parce qu’il refuse de mourir dans la langue inutile de ses parents, il ne parle plus à personne. À cette époque surchargée de bruits insignifiants, se taire est un premier acte de résistance. Dans la fièvre qui le conduit lentement vers la mort, le temps et l’espace s’embrouillent. Défile à son chevet une succession de morts et de vivants : une mère humiliée, un père silencieux, un amour disparu, un frère d’âme couvert de flammes. Alors que le sable envahit de plus en plus sa chambre d’hôpital, c’est finalement une procession imposante d’antilopes qui mènera Frédéric bien loin de sa banlieue natale.

Compagnie — Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline
Texte et idée originale — Steve Gagnon
Mise en scène — Steve Gagnon
Assistance à la mise en  scène — Émile Lafortune
Distribution — Linda Laplante, Frédéric Lemay, Nathalie Mallette, Daniel Parent, Pascale Renaud-Hébert, Claudiane Ruelland, Jonathan Saint-Armand et Richard Thériault
Décor — Estelle Charron et Marie-Renée Bourget Harvey
Lumière — Julie Basse
Costumes — Estelle Charron
Musique — Uberko
Direction artistique — Steve  Gagnon, Jean-Michel Girouard et Claudiane Ruelland
Adaptation — Inspirée de l’univers de Sylvain Trudel


Pour qu'il y ait un début à votre langue
Du 14 au 25 janvier 2020
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Espace des curieux


Mot du metteur en scène :

« Nous sommes libres. Infiniment. Mais l'oublions trop souvent, ou l'assumons difficilement. Partout il y a des cadres, des normes, des modèles et des règles dont nous ne savons comment sortir. Car on nous enseigne à rester à l'intérieur de ceux-ci, soumis, résignés, inoffensifs. Ces cadres deviennent ainsi des enclos, des barbelés: nous ne pouvons être des hommes et femmes libres qui tracent leur propre chemin. La jeunesse est confrontée à la soumission morbide des générations précédentes. Nous avons délaissé nos envies profondes au profit de conventions établies. Alors nous somme insatisfaits, malheureux et nous nous ennuyons terriblement. Et les banlieues débordent d’enfants qui font toutes sortes de conneries pour passer le temps. C’est à ça que s’opposent Frédéric, Odile et Wilson. Pour le bon déroulement du monde, nous avons jusqu’ici appris à obéir: aux lois, aux autorités, aux politiciens, aux médias. Mais désormais, c’est la désobéissance qui sauvera le monde. C’est exactement ce que Frédéric, Odile et Wilson revendiquent. Alors qu'au fil de la représentation le sable se déverse dans la salle, s'estompe la frontière entre l'imaginaire de la pièce et la réalité du public. La quête de Frédéric n'est ni fictive, ni lointaine: les spectateurs y reconnaîtront leur propre quête identitaire. Nous souhaitons que ce spectacle leur insuffle courage et désobéissance, qu'ils prennent conscience des possibilités infinies qui s'offrent à eux pour qu'ils tracent le propre chemin de leur vie. Et qu'avec conviction, ce tracé définisse une existence pourvue de sens, individuellement et collectivement. »
-Steve Gagnon

 Extraits de texte :

« Papa maman la nuit parfois je rêve de m’éteindre au milieu de votre lit que vous me disiez fils tout ira bien et que je m’endorme comme un soleil éternel qui s’étend sur une forêt d’acacias jaunes. »

« Par vengeance d’être mortels vous vous êtes résignés à nous mettre au monde et vous nous mourrez tous les jours dans la face et vous n’avez aucune idée de comment maintenir vos enfants dans la joie vous ne connaissez pas la joie la joie vous a glissé des mains et s’est enfuie honteuse de s’être offerte inutilement le jour où vous avez décidé de vous soumettre à une langue qui décline en milliers de mots le geste d’abandonner. »

« J’aurais voulu tenir un enfant dans mes bras le corps plié en huit morceaux tout croche étendue entre deux sièges dans un train qui traverse l’Europe je lui aurais dit approprie-toi les trains approprie-toi les choses approprie-toi le monde tu n’es pas de trop tu es nécessaire. »