Saison 2015-2016

S'aimer

Du 8 au 26 mars 2016

Durée du spectacle : environ 1 h 45

Mardi et mercredi à 19 h

Jeudi et vendredi à 20 h

Samedi à 16 h

Après Kerouac et Hitchcock, le Théâtre Hareng Rouge interroge maintenant l'œuvre de l'un des pères fondateurs de la modernité poétique québécoise, Hector de Saint-Denys-Garneau.

À travers une quête obsessionnelle où un homme essaie de comprendre comment et pourquoi Saint-Denys-Garneau est mort (et comment il a vécu, pensé, travaillé, aimé, été), celui-ci affronte le problème qu'il a lui-même avec l'amour. Au-delà du questionnement sur la solitude et le mal de vivre à l'ère des médias sociaux et de l'urbanisation, il s'agit surtout, ici, d'une grande quête de soi, du rapport à l'autre, de l'identité, de l'amour propre, de l'amour qui ronge, qui meurtrit et qui, paradoxalement, donne vie.

Je ne suis pas bien du tout assis sur cette chaise
Et mon pire malaise est un fauteuil où l'on reste
Immanquablement je m'endors et j'y meurs
Mais laissez-moi traverser le torrent sur les roches
Par bonds quitter cette chose pour celle-là
Je trouve l'équilibre impondérable entre les deux
C'est là sans appui que je me repose

Dans une histoire qui prend racine à Québec, S'AIMER est un solo racontant la dérive sentimentale d'un homme s'intéressant au travail d'Hector de Saint-Denys-Garneau. Voyant l'amour comme quelque chose d'impossible, c'est à travers sa quête de la raison et des circonstances de la mort mystérieuse de Saint-Denys Garneau qu'il règle le problème qu'il a et qu'il vit avec l'amour.

Texte et idée originale
Thomas Gionet-Lavigne

Mise en scène et appui dramaturgique
Hugo Lamarre

Décor
Gabrielle Doucet

Musique
Alex Thériault

Images
Rémy Barbonne

Régie et conception d'éclairage
Mathieu C. Bernard

Concepteur vidéo
Keven Dubois 

Directrice de production
Edwige Morin

Compagnie
Théâtre Hareng Rouge

Distribution

Thomas Gionet-Lavigne

Espace des curieux

Biographies

Thomas Gionet-Lavigne: Texte, idée originale et interprétation

Thomas Gionet-Lavigne est auteur dramatique, metteur en scène et comédien. Sorti du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2004, il travaille sur ses créations depuis lors : Japon (2007), Route (2010 et 2011) et Loin (2012). Il a présenté plusieurs lectures à Québec et à Montréal au Festival du Jamais Lu (Amours, 2012), à la Semaine de la dramaturgie du CEAD (Sud, 2005) et au Musée national des beaux-arts du Québec (Lumières, 2014). Il propose maintenant au public du Théâtre Périscope sa nouvelle création : S’aimer.

Hugo Lamarre : Mise en scène et appui dramaturgique

Depuis qu’il a complété sa formation au Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2003, Hugo Lamarre a joué dans pas moins de treize pièces à ce jour, dont Les diablogues de Roland Dubillard (mise en scène de Philippe Savard, Théâtre [Mo]), Partie de quilles chez la Reine de cœur (mise en scène de Philippe Soldevila, Théâtre des Confettis), Faisceau d’épingles de verre de Claude Gauvreau (mise en scène de Christian Lapointe, Théâtre Péril), Matroni et moi d’Alexis Martin (mise en scène de Patric’ Saucier, Théâtre de la Bordée). En 2005, à la suite de son interprétation de Niki dans la pièce Le langue-à-langue des chiens de Roche de Daniel Danis (mise en scène de Gill Champagne, Théâtre du Trident), il est en nomination pour le Masque de la découverte de l’année.

En plus de déployer ses talents d’acteur pour différentes compagnies, Hugo Lamarre est aussi metteur en scène. Il a entre autres signé la mise en scène de Elephant Man de Bernard Pomerance (Théâtre des Insomniaques), celle de Loin de Thomas Gionet Lavigne, trilogie pour laquelle il a aussi participé à l’écriture (Théâtre Hareng Rouge) et celle de Route de Thomas Gionet Lavigne (Théâtre La Compagnie Thomas), spectacle qui recevait en 2010 le prix du Meilleur spectacle de la Relève-Québec / Première Ovation.

Mot de l'auteur

S'aimer est une pièce qui s'intéresse à Hector de Saint-Denys Garneau, l’un des pères fondateurs de la modernité québécoise poétique. C'est une pièce qui parle d'amour de l'autre, d'amour propre, d'amour tout court, en jouant sur les différents sens et les différentes possibilités du mot « s'aimer ». À travers les problèmes existentiels d'un jeune artiste de Québec qui vit des déboires amoureux et qui tente de résoudre le mystère de la mort de l'auteur de Regards et jeux dans l'espace, j'ai essayé d'écrire une pièce qui en appelle aux émotions et au vécu de tous les êtres humains qui aiment et veulent aimer. J'espère qu'il donnera envie à tous les spectateurs d'aimer encore plus. D'aimer toujours. De s'aimer...

Thomas Gionet-Lavigne

Mot du metteur en scène

Comment arrive-t-on à s’aimer? Soi-même? Entre nous?

Il est étrange de penser que les plus grandes questions, celles qui nous concernent toutes et tous depuis les premiers moments de notre « civilisation » humaine, celles auxquelles nous pensons toutes et tous chaque jour, demeurent encore et pour toujours sans réponse définitive, sans compréhension claire.

Ces mystères communs sont peut-être ainsi faits pour nous obliger à devenir encore plus humains. En effet, l’acte même de réfléchir, de creuser, de chercher à comprendre ces grands thèmes fondamentaux de la vie nous oblige à réfléchir, à creuser et à chercher à comprendre quel(s) individu(s) nous sommes et voulons devenir.

Si nous sommes prêts à faire cette quête, bien sûr.

Mais, il arrive parfois que, pour nous aider un peu, pour nous amener là où elle le veut bien, la vie nous fasse traverser des sentiers qui peuvent nous paraitre curieux et déroutants.

En effet, il semble bien plus facile d’enquêter sur un autre que sur soi-même.

La vie est rusée…

Hugo Lamarre

Extrait de la pièce

- J'pense qu'y était pas capable.

- Il était pas capable de lui dire qu'il l'aimait?

- Quand on dit à quelqu'un qu'on l'aime, on lui montre qu'on n'est pas complet, on lui montre qu'on est vulnérable, on lui montre qu'on a besoin de lui. C'est risquer de souffrir en se mettant complètement à nu. C'est quelque chose de très beau, mais c'est quelque chose de très difficile à avouer aussi.

- Pis si tu souffres déjà tout seul?

- On n'est jamais seul. L'erreur, c'est de penser qu'on l'est. Ou de tout faire pour le devenir.

- Pis si t'as plus envie d'essayer?
Pis si c'était trop pour Saint-Denys Garneau?

- C't'en plein ça qui lui est arrivé. Quand on a critiqué Regards et jeux dans l'espace parce que c'tait écrit en vers libres, ça l'a complètement détruit. Y'avait jamais été aussi sincère dans quelque chose, y'avait écrit des mots vrais, des mots sans artifice, des mots tout droit sortis de son cœur pis on le rejetait à cause de ça.

Il a retiré lui-même tous les recueils des librairies pis il n'a plus jamais rien publié. Il s'est retiré au manoir de ses parents à Sainte-Catherine pis il a lentement arrêté d'écrire.

Imagine comme ça doit être difficile dire à quelqu'un que tu l'aimes après autant de rejets.